12/10/2010

Histoire de carabibis

Elément important de la tradition : durant le cortège, Simpélourd distribue ou le plus souvent, jette des "carabibis" dans la foule "en délire" !

Aujourd'hui, le Comité des fêtes doit avoir réceptionné les quelque 500kg de ces petits "caramels", qui seront dispersés ce week-end. 

Mais qu'est-ce donc que les "carabibis" : tout simplement des sortes de "babeluttes" confectionnées a_MG_2211petit.jpgvec du sucre de canne fondu.  Celui-ci ayant atteint 130°C, on lui incorpore du beurre (parfois un petit "plus", un parfum dont le secret est laissé au pâtissier), avant d'en étendre une longue langue  sur le marbre du pâtissier, qui la referme en un gros boudin quasi noir.  Ce dernier est alors travaillé au crochet, opération durant laquelle il prend une couleur de plus en plus claire.  Le maître pâtissier en fait alors une grosse boule dont il prélève des morceaux qui seront à nouveau roulées en boudins, cette fois plus fins, puis tranchés en morceaux de quelques centimètres, qui finalement, refroidiront et durciront sur une plaque enfarinée.  Il ne reste plus qu'à les emballer dans leur petit papier imprimé à leur nom : Carabibi de Soignies !

Mais d'où diable vient ce nom, qui évoque le terme de "carabistouille" ?   (Il est vrai que la fête de Simpélourd est bien née d'une grosse farce).  Dans "foires et forains de Wallonie, magie foraine d'autrefois", un ouvrage publié par la Musée de la Vie Wallonne à Liège (et dont de larges passages sont accessibles sur le net), on évoque plutôt un petit macaron sucré et friable, produit notamment à Manage et essentiellement pour les foires, désigné sous le nom de "carabitche".  Il y aurait eu "collision" des 2 mots : "carabitche" pour le macaron et "carabibi" pour un sucre d'orge.  Les deux mots, nous dit ce même ouvrage, viennent du flamand "krabietje" et "krabiet", qui font référence à la bettrave dont, à l 'origine on utilisait le sucre.

D'autres récits de personnes plus âgées évoquent la vente, sur les marchés, par des marchands ambulants noirs africains, d'un bonbon en sucre brûlé que l'on appelait "caraboudja", "carabouya" ou encore "carabouilla".  Selon le site www.confreriedelauveloise.be ce terme figure dans 2 dictionnaires wallons (Emille Gilliard, "Moustier et Namur", 2007 et  Michel Francard "Dictionnaire des parlers de Bastogne", 1994) où il désigne "une friandise dure de couleur noire à base de sucre de canne et d'anis".  Elle se présentait sous forme d'un gros bloc qu'il fallait casser au marteau et dont on servait les morceaux dans un cornet de papier.
Le dictionnaire "Aclot" de Joseph Coppens (1950) estime que le rapprochement avec le terme "carabibi" est hypothétique.  Il spécifie que "le carabibi est une confiserie en forme de bâtonnet et enveloppée de papier blancLès carabibis d'Manâdje, c'èst lès mèyeûs". Euh...  je ne sais pas trop si l'on en fait encore à Manage, mais assurément, les carabibis artisanaux de Soignies valent le détour !

Le même jour que le cortège de la Simpélourd, se tient à Soignies l'opération "place aux enfants".  Les enfants peuvent visiter des lieux économiques, politiques, culturels, sportifs, habituellement inaccessibles.  L'un des circuits permettra aux petits sonégiens de découvrir la fabrication artisanale des carabibis.  Voir http://centre-culturel-soignies.be
A Soignies, il semble que la boulangerie-pâtisserie Hélin soit la seule à encore en fabriquer artisanalement.  (Si je fais erreur, merci aux autres pâtisseries ou gourmands de passage par ici, de se signaler !!!)

Puis, quoiqu'il en soit, tenez-vous prêts à ramasser les petits bonbons, lors du cortège de ce samedi !

23:45 Écrit par Nautilus dans 0- L'histoire | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

20/12/2009

Les géants Dudule et Joséphine

Dudule et Joséphine 2009

En 1972, la famille MERTENS et quelques amis ont l'idée de doter leur quartier de Soignies-Carrière, de leurs géants.  C'est ainsi que naquit DUDULE, tailleur de pierre à la carrière située au bout de la rue Grégoire Wincqz.

DUDULE "le Cayoteux" mesure 3.70m pour un poids de 96kg.  Il représente un ouvrier carrier, le maillet dans une main et le burin de l'autre.  A sa naissance, il avait la tête de... Oliver Hardy (cf. photo cf-dessous), mais il a, depuis, repris une tête plus sonégienne.

Le 12 janvier 1974, il épouse Joséphine, une fille du quartier qui mesure 3.20m pour un poids de 60kg, pas mal !

De leur union naquit en 1981, Charlotte.  Elle mesure 2.70m pour un poids de 30kh. Quant au "petit nouveau, Nénesse, il fut baptisé le 14 mars 2009.  Pesant 10kg, il est porté par des enfants.

La petite famille est régulièrement invitée lors des différents cortèges en Belgique et dans le nord de la France.  Les amis qu'elle se fait sont à leur tour invités lors de la fête de Soignies, la Simpélourd.

 

Dudule et Joséphine 2000

Les géants version juillet 2000 à la Schellekeskermis de Rupelmonde
photos : famille Mertens

14:33 Écrit par Nautilus dans 0- L'histoire | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : geants |  Facebook |

02/10/2008

Simpélourd figé

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La statue-fontaine de Simpélourd est installée depuis fin juin 2005 au milieu de la Place Verte.

Au pays des "cayoteux", l’œuvre du sculpteur lessinois Xavier Parmentier a des aspects de pierre bleue. Plus de 600kg, environ 5000 heures de travail, et, lors de la belle saison, une fontaine dont le jet qui jaillit de la main de Simpélourd symbolise les « carabibis » qu’il jette en direction du café « le coq wallon » et qui se retrouvent sur le sol, sous la forme de petites lumières.  Figé en pleine action, voilà Mononk immortalisé.

22:47 Écrit par Nautilus dans 0- L'histoire | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

Une histoire pas comme les autres

Le samedi qui précède le 3e dimanche d’octobre c’est la Simpélourd à Soignies.
La fête 2008 approche à présent à très grands pas.

 

La fête à Mononk Simpélourd tient son origine d’un épisode conjugal qui a dû faire jaser le tout Soignies du XVIIIe siècle.

 

Plusieurs versions de l’histoire circulent : 

L’une dit qu’un brave savetier sonégien avait épousé une femme bien volage.  Le jour où le mari trompé lui a fait enfin une scène, elle aurait fait illico ses bagages, le laissant à la cruelle raillerie des bourgeois de la ville qui le traitèrent de SIMPLE et LOURD.

Mais celui-ci, refusant de se complaire dans son malheur, décida de se venger de ses « amis » si bien intentionnés en les conviant à un souper au jambon fumé.  Au moment d’entamer la viande appétissante, les convives ne parvinrent pas à se trancher le moindre morceau : le magnifique jambon n’était qu’un morceau de bois peint…   « Est-ce que j’ai l’air simple ?  Est-ce que j’ai l’air lourd ?  s’écria le savetier, qui finit toutefois par offrir un réel repas, alors que ses amis, le bec cloué, n’insistèrent plus.

Mais ils n’allaient pas en rester là : ils bricolèrent un mannequin qui ressemblait vaguement au savetier et promenèrent cette effigie dans les rues de la ville, tout en criant et en riant très fort, si bien qu’un véritable cortège finit par se joindre à la petite troupe.  Quelques jours plus tard, la bande brûla le mannequin accroché à une fenêtre.

Ca, c’est la version relatée par Théophile Lejeune dans « Mémoires historiques sur l’ancienne Ville de Soignies », ouvrage paru en 1868-69.

 

Une autre version, moins drôle il faut dire, est racontée par Jules Sottiaux dans « L’originalité wallonne », édité en 1906.

Selon lui, un brave savetier avait épousé une « chipie » de premier ordre et noyait son malheur dans l’alcool.  Un jour où il était complètement saoul, il battit tant et tant sa femme que ses voisins durent s’interposer de manière plus que décidée et le traitèrent de « simple » et « lourd ».  Le récit poursuit en spécifiant que le savetier fut condamné par la justice locale à être exposé deux jours à l’une des fenêtres de la place.

 

Une troisième version relate qu’un sonégien avait fait le pari fou de se poster « al bowète » (comprendre : à la fenêtre) du café de la « Sotte Nowé » pendant les trois heures, sans bouger, en tenant à la main un morceau de tarte.  Remportant son pari, il fut cependant traité de simple et lourd et ce serait pour cette raison que, à présent, le mannequin est représenté avec un morceau de tarte aux prunes à la main.  L’on raconte que, au XIXe siècle, le mannequin était remplacé par un homme qui se postait à la fenêtre dudit cabaret, un morceau de tarte à la main, durant les 3 jours de la ducasse. 

Dans les poèmes d’Usmar Fierain, un ancien sonégien, le savetier est devenu un cabaretier et marchand de grains, son travail le conduisant souvent dans le grenier pour y hisser les sacs de blé pendant que son épouse occupait son temps libre comme l’on devine.  La variante s’explique peut-être par le fait que le cabaret « Sotte Nowé » était situé à la place « del graigne » (grange), l’actuelle Place Verte.

Selon un article paru dans la presse locale de 1888, la fête tiendrait ses origines d’un événement qui s’est déroulé en octobre 1754, où un groupe de joyeux fêtards menés par Adrien Hiernaux, avaient pendu à diverses fenêtres un mannequin évoquant les travers et épisodes croustillants des habitants de Soignies.  L’événement connu un grand succès, si bien qu’il fut reconduit d’année en année, se complétant, avec le temps, d’un moment où l’on fusillait les mannequins histoire d’éponger les mésaventures des pauvres victimes.

Interrompue à la mort de Hiernaux, la fête renaquit en 1762, mais cette fois, avec un seul bouc-émissaire, un mari trompé pourtant décédé plusieurs années auparavant.

 

Après avoir connu déclin et succès au fil du temps, la fête a repris de plus belle après la seconde guerre mondiale.  Les géants Dudule, Joséphine et Charlotte se sont joints au cortège, en compagnie des fanfares, gilles, et groupes costumés animés par diverses associations de la ville.

Alors voilà, depuis de si longues années, Mononk Simpélourd attend tous les mois d’octobre, vers 18h, en redingote et haut de forme, avec sa valise, devant la gare de Soignies, comme s’il venait de descendre du train de Bruxelles.

Il est aussitôt acclamé et accueilli par les autorités locales, le comité des fêtes et bien entendu, toute une foule de spectateurs tout prêts à faire la fête.  Le cortège se forme.  Simpélourd monte dans une ancienne voiture décapotable aménagée pour lui et clôturant le cortège, il s’apprête à lancer dans la foule, les « carabibis » attendus (caramels mous fabriqués pour l’occasion).  (Le temps a bien changé, si l’on se réfère aux écrits qui décrivaient Simpélourd monté dans une charrette attelée d’un cheval ou dans la benne d’un camion communal, escorté par des gamins munis de lanternes vénitiennes).

Après la joyeuse marche dans les rues de la ville, Mononk se dirige vers la Place Verte et se montre à la fenêtre du café « Le coq wallon » (anciennement le « Sotte Nowé »), en saluant la foule et en dégustant la célèbre tarte à prones (aux prunes), devenue spécialité de la ducasse (avec, d’ailleurs, le lapin a prones).  Un mannequin ne tardera pas à le remplacer.

Le mardi suivant, lors d’une cérémonie folklorique plus discrète, le premier mannequin sera remplacé par un autre plus sommaire.  Le premier sera rangé pour l’année prochaine.  Le second sera trimballé à la potence où il sera enfin brûlé mettant ainsi un point final à la ducasse, au milieu des musiques et des danses des gilles et des géants.

 

Vive Sougnies, vive Sougnies
Simpelourd ess’t’a s’guernie
Vive Sougnies, vive Sougnies
D’allonn’vir qui s’qui r’chenn’bie 

Simpelourd est d’essquindu
El rue du Moulin ass’cu
Avu l’aristocratie
Dou faubourg et dou pachie

Autrefois objet de railleries et de moqueries en tout genre, Simpélourd fut, comme pour maintes expressions folkloriques, porteur des travers de la ville.  Il y eu une période où le cortège s’accompagnait aussi de railleries politiques.

L’air du temps s’est depuis beaucoup lissé.  Simpélourd est actuellement le héros de la ville, l’ami, le Mononk de tous, débonnaire, attirant la sympathie et sachant rire de ses propres malheurs. 

Sources : "La Simpelourd", travail de fin d'études de JF LENVAIN, 1997-1998
Travail de folklore - David ROLAND - 1992
"El ducace du Simp-et-lourd"
et autres documents aimablement envoyés par l'office du tourisme de la ville de Soignies.

22:41 Écrit par Nautilus dans 0- L'histoire | Lien permanent | Commentaires (4) |  Facebook |

06/12/2007

Arachnophobia

Parfois, lors d'une manifestation folklorique, un événement fortuit s'intègre dans le cortège, pour finir par devenir une vraie institution.  Je me souviens qu'il en est ainsi, par exemple, pour le Doudou à Mons.

Soignies en est un autre exemple.  Dans les années 1980, lors de travaux à la collégiale l'on aurait mis à jour un nid de mygales géantes.  En tout cas, l'on prétend qu'on en aurait aperçu une absolument gigantesque.  La rumeur ne tarde pas à gonfler.  Elle rapporte que le terrible animal mange les pigeons du clocher...  peut-être les fidèles, lorsque le garde-manger sera épuisé !

Le libraire à la source des "informations", finit par révéler qu'il s'agissait d'un canular.  Il n'avait fait que signaler - de manière sans doute un peu "marseillaise" - une particularité architecturale qui avait la forme d'une araignée.  De fait, depuis 1992, la "mygalomorpha sonegiensis" a été intégrée au cortège et défile chaque année sans se lasser, en aspergeant la foule de son venin inoffensif.

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21:24 Écrit par Nautilus dans 0- L'histoire | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |